Renaissance d'un grand orgue à Strasbourg

banderole site

Les origines du Collège

Le Centre :

Sur un site déjà occupé par les Romains et sur lequel s'est probablement élevée la première église de Strasbourg, fut fondée au VIIIe siècle une abbaye par Sainte ATTALE, nièce de Sainte Odile. Il en subsiste encore quelques souvenirs, à commencer par l'insigne relique de la main de Sainte Attale, moulée et conservée dans un cristal et exposée solennellement dans le Chœur de la Chapelle Abbatiale.


Les célèbres tapisseries de Ste Attale et de Ste Odile sont désormais visibles au Musée de l'oeuvre Notre-Dame, tout en appartenant encore au Collège. Dans le transept de l'église, à la très belle architecture du XIIe siècle, on note la présence du puits de Ste Attale où, selon la tradition, aurait été retrouvé le corps de la sainte.
L'abbaye passa à la Réforme et fut fermée par Louis XIV qui confia les bâtiments aux Visitandines, à charge pour elles d'y fonder un pensionnat de jeunes filles. Les religieuses furent chassées par la Révolution.
Le site connut alors des fortunes diverses : Sous l'Empire, l'église servit de théâtre municipal. Ultérieurement, la manufacture des tabacs s'y installa. L'église était vouée à la destruction; Monseigneur Lepappe de Trévern prit le parti de la sauver en installant un petit séminaire sur l'emplacement qu'il avait acquis par échange avec le grand terrain de la Krutenau qui abrite à présent la SEITA.

Construit à partir de 1858, le Collège ouvrit ses portes en 1861. Bismarck le ferme en 1874, acte d'autorité en relation avec le Kulturkampf. Il fut cependant rouvert en 1883 sous l'appellation "Bischöfliches Gymnasium an Sankt- Stephan".

A la fin de la première guerre mondiale, comme on ne disposait pas d'un corps professoral francophone, l'évêché fit appel aux Marianistes qui dirigèrent l'Établissement jusqu'en 1972. Dans l'intervalle, la maison fut à nouveau fermée en 1939 et ne rouvrit ses portes qu'en 1945, au lendemain d'une guerre qui entraîna la destruction complète de la nef de l'église, déjà fortement endommagée par la Révolution. Depuis lors, la population scolaire n'a fait que s'accroître, profitant des locaux disponibles du fait de la fermeture de l'internat, du départ des prêtres diocésains et des Marianistes.

Le petit séminaire - prévu pour 360 élèves- est devenu Collège épiscopal, mixte avec plus de 1800 élèves et à direction laïque. Il est aujourd'hui l'un des quatre "Collèges épiscopaux" d'Alsace-Moselle, bénéficiant du statut original d'Établissement public de culte, placé sous la bienveillante autorité de Mgr Jean-Pierre GRALLET, Archevêque de Strasbourg et de son Auxiliaire, Mgr Vincent DOLLMANN.

Ainsi, le terme usuel de collège, associé au caractère épiscopal, désigne ici à la fois école, collège et lycée, selon la terminologie administrative en vigueur.

L'école primaire du collège à Saint-Joseph :

Le site de Saint-Joseph, acquis par le Collège Saint-Étienne le 23 décembre 1998, est implanté à l'emplacement de l'ancien Kuppelhof, haras municipal, puis privé. Il comporte des bâtiments d'époques diverses, dont le plus prestigieux est l'hôtel en fer à cheval érigé par le négociant Jean Hammerer vers 1762. A l'intérieur subsistent de magnifiques escaliers à balustres avec départs en style rocaille.

Saint-Joseph, création commune des Conférences de Saint Vincent de Paul et de la congrégation des Soeurs de Charité de Strasbourg, était, au départ, une soupe populaire, implantée dès 1855 au Fossé des Tanneurs ; bientôt s'y adjoignirent une crèche et un internat pour apprentis et élèves pauvres du Petit Séminaire de Saint-Louis, puis, à partir de 1861, de celui de Saint-Étienne, où fonctionnait un autre internat, pour élèves fortunés.

Le 2 juillet 1864, la Société de Saint Vincent de Paul acquit le complexe de bâtiments au fond de la Rue de l'Ancre, appelé Kohlenhof, du nom du marchand de vin Kohl, et y engagea 90.000 francs pour l'achat et l'appropriation. La cuisine populaire y subsista jusqu'en 1939, au rez-de-chaussée du bâtiment de 1577.

L'internat, bientôt surnommé le Klepperes, à cause du bruit des sabots des pauvres internes, fonctionnait au départ sous la direction des Soeurs de la Charité d'une façon qui paraîtrait "folklorique" aujourd'hui, si l'on se fie aux pages humoristiques du fameux curé Oberlechner, ancien pensionnaire des lieux ; les grands surveillaient les études et les dortoirs des petits. La Maison abritait aussi la Société St-Joseph avec son foyer de jeunes apprentis et ouvriers, et ses sections de gymnastique réputées.

Ce n'est qu'en novembre 1891 que la Société de Saint Vincent de Paul acquit l'hôtel Hammerer et une autre maison, qui fut abattue et remplacée par une salle de théâtre toujours existante. L'internat finit par regorger de monde (plus de 100 élèves en 1902) et l'évêque y nomma un directeur ecclésiastique en 1902 ; le chanoine Damistier, surnommé Dada, fut le dernier de la série.

Si la maison put fonctionner sans encombre pendant la Première Guerre Mondiale, elle ne rouvrit pas ses portes en septembre 1939 pour raison d'évacuation. L'occupant interdit la réouverture des Collèges Épiscopaux et de Saint-Joseph ; la maison accueillit le Bon Pasteur, occupé par les Allemands. Elle rouvrit ses portes en septembre 1945, mais, l'année suivante, les petits séminaristes durent aller à Walbourg. Il n'en demeure pas moins que la maison réorganisée disposait de 180 places d'internat, mises à la disposition de jeunes de tous horizons, voire de l'étranger. Mais la création de nombreux collèges à la campagne sera fatale à Saint-Joseph comme à la plupart des internats.

Le Collège Saint-Étienne, surpeuplé, racheta le site, rénova les bâtiments et y implanta ses classes primaires, permettant ainsi aux autres classes de vivre un peu plus au large.

Louis SCHLAEFLI

Aller au haut